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Et si Alipay débarquait en Afrique après son rachat de MoneyGram ?


L’annonce fit comme l’effet d’une bombe dans le secteur financier mondial lorsque Ant Financial Services Group, filiale de paiement du géant chinois du commerce en ligne Alibaba, annonça le jeudi 26 janvier dernier, l’acquisition du spécialiste américain du transfert d’argent MoneyGram International, pour la modique somme de 880 millions de dollars (environ 816 millions d’euros). Sous réserve de validation par les autorités compétentes, notamment le Comité des investissements étrangers des États Unis (CIFIUS), cette opération devrait se boucler au second semestre 2017 et permettre ainsi à Alibaba d’aller encore plus loin dans sa stratégie expansionniste et son objectif de conquête du monde.


Comme un symbole, c’est donc un américain que le géant chinois acquiert, dans une période pourtant tendue, où la récente élection du Président américain Donald Trump fait craindre à bon nombre de protagonistes un durcissement des règles d’accession au marché américain. Reçu le 10 janvier à la Trump Tower de New York par celui qui venait d’être fraîchement élu à la maison blanche, Jack Ma, patron d’Alibaba, avait alors assuré vouloir investir davantage aux États Unis, s’engageant à créer un million d’emplois au cours des cinq prochaines années. Promesses qui lui valurent d’ailleurs le qualificatif de « grand entrepreneur, l’un des meilleurs au monde » de la part de Donald Trump “himself”.

Compte tenu de la complémentarité de leurs services, MoneyGram et Ant Financial profiteront réciproquement de ce rachat. MoneyGram, qui restera basée à Dallas et continuera de fonctionner sous sa marque existante, pourra tirer parti de la présence numérique de Ant Financial et de son réseau existant, pour desservir plus de 630 millions d’utilisateurs (dont 450 millions avec Alipay et 180 millions avec Paytm). Cela permettra notamment d’augmenter le volume de transactions de l’opérateur de transfert d’argent dans l’ensemble des régions où il est présent. Pour Ant Financial, ce deal permettra également d’élargir les activités dans de nouveaux marchés à l’échelle de la planète, des États Unis jusqu’au continent africain.


Des accords de partenariats pour s’étendre à l’étranger


La croissance explosive du paiement mobile ces dernières années en Chine fait de ce pays, l’incontestable leader mondial dans le domaine. Alors que ce type de paiement digitalisé tarde à arriver dans les pays occidentaux, les populations chinoises elles, rompues à l’exercice depuis plusieurs années maintenant, ont déjà adopté le smartphone comme outil principal pour leurs transactions financières. La Chine, où s’est développé un véritable melting pot de solutions de paiement mobile, voit en effet s’exercer une farouche concurrence sur son territoire. Ant, filiale de paiement du géant chinois du commerce en ligne Alibaba Group Holding, qui vient donc d’acquérir MoneyGram (sous réserve de validation), domine le secteur grâce à son service Alipay, comptant aujourd’hui plus de 450 millions d’utilisateurs actifs annuels et traitant 170 millions de transactions par jour. Le Credit Suisse estime d’ailleurs que 58% des transactions de paiement en ligne en Chine passent par Alipay, qui détiendrait 69% du marché national du paiement mobile. L’autre acteur important de ce domaine se nomme WeChat Pay, développé par le géant de l’Internet Tencent, créateur de la messagerie instantanée WeChat, avec 21% de parts de marché. Pour ces deux acteurs, qui voient d’un mauvais oeil l’arrivée sur leur territoire du rival américain Apple Pay (un wallet de paiement intégré aux “iDevices”), l’heure est désormais à la conquête de nouveaux marchés. Une expansion au-delà des frontières chinoises qui permettrait à l’un et à l’autre de renforcer leur positionnement concurrentiel. D’abord parce que les touristes chinois qui affluent dans les plus grandes villes du monde désirent pouvoir continuer d’y effectuer leurs paiements dans les hôtels, restaurants, boutiques et autres attractions touristiques dont ils raffolent dans leurs pays de destinations. Mais également parce que le retour d’expérience de la réussite chinoise donne des idées à ces deux géants aux ambitions illimitées.



Le développement à l’étranger passant irrémédiablement par des partenariats locaux, Ant a conclu avant le rachat de MoneyGram, une série d’accords destinés à favoriser la flexibilité de son portefeuille. Par exemple, au travers d’un programme baptisé “Airport of the Future”, la société propriétaire de Alipay permet désormais d’accepter son portefeuille mobile dans différents aéroports (Allemagne, Singapour, Japon, Corée, Nouvelle-Zélande…). Alipay a également mis en place en Europe, un large éventail de partenariats avec des entreprises délivrant des matériels et logiciels de paiement telles que Ingenico, Concardis, Wirecard ou encore Zapper. Samsung Pay est également devenu en mai 2016, un partenaire de choix pour Alipay, permettant aux utilisateurs de sa solution de paiement de pouvoir régler leurs achats grâce à la plateforme du géant chinois.


L’acquisition de MoneyGram par Ant Financial est donc une suite logique de sa stratégie expansionniste, et avant tout un moyen de poser les pieds sur le sol américain, permettant à ses clients de bénéficier d’un service de transfert d’argent au sein de leur application, et ouvrant de facto l’éventail de possibilités offertes par Alipay. Cela est d’autant plus stratégique que depuis le 17 novembre 2015, Western Union et WeChat sont également unis par un accord, autorisant les utilisateurs du réseau social à effectuer des transferts d’argent transfrontaliers vers 200 pays, grâce au réseau du leader mondial du transfert d’argent.


Le transfert d’argent, un secteur des plus concurrentiels pour MoneyGram en Afrique


Du coté du continent africain, le mariage des deux entités financières suscite également beaucoup d’intérêt. Sur le segment du transfert d’argent, MoneyGram essaye depuis plusieurs années de tirer son épingle du jeu, face à son éternel rival et leader du secteur, Western Union. Partie intégrante du quotidien de nombreux Africains, notamment les membres de la diaspora, le transfert d’argent est aujourd’hui un secteur en pleine ébullition sur le continent. En témoignent les chiffres publiés notamment par la Banque Mondiale sur le niveau du “remittance” en Afrique. Selon l’institution, en 2015, environ 35,2 milliards de dollars ont été envoyés par des membres de la diaspora d’Afrique subsaharienne (63.8 milliards de dollars si l’on inclut ceux d’Afrique du Nord) à leurs familles et amis sur le continent. Ces données ne concernent que les flux transitant par les circuits formels. Même si l’ampleur des flux informels est difficilement quantifiable, les spécialistes s’accordent à dire que dans de nombreux pays subsahariens, les canaux tels que les sociétés de transport ou les systèmes « fax » restent encore très utilisés pour les opérations de transfert d’argent.


En Afrique, le transfert d’argent est à l’aune d’une révolution et nombreux sont les acteurs (opérateurs télécoms, fintechs et banques) qui affluent, cherchant à obtenir eux aussi leur part du gâteau, face à des acteurs traditionnels, critiqués pour leurs taux exorbitants pratiqués spécifiquement sur les envois à destination de l’Afrique.


Ayant flairé l’opportunité depuis quelques années maintenant, les opérateurs télécoms se sont progressivement glissés dans la brèche, emboitant le pas à Safaricom et son service de mobile money M-Pesa, venu révolutionner en 2007 les pratiques financières d’un grand nombre d’Africains qui jusque là, effectuaient principalement leurs échanges d’argent en liquide. En ouvrant son nouveau corridor de la France vers la Côte d’Ivoire, le Mali et le Sénégal, Orange Money, le service d’argent mobile du géant français présent dans 18 pays d’Afrique et comptant désormais 29 millions de clients réalise quant à lui depuis juin 2016, un milliard d’euros de transactions mensuelles, selon les dires de ses dirigeants. Par des accords d’interopérabilité, les opérateurs mobiles dans leur ensemble pourraient même capter une part encore plus importante du volume total des envois de fonds, en permettant à leurs clients d’envoyer de l’argent sur des réseaux concurrents ou dans une de leurs filiales à l’étranger. Dernier en date, le sud-africain MTN qui, au travers de sa filiale camerounaise, vient de rendre possible pour ses abonnés, le transfert d’argent en direction de 25 pays africains.


Bien que positive pour les clients, cette concurrence entre les fournisseurs mondiaux et régionaux de services de transferts de fonds commençait cependant à faire du tort à MoneyGram. En effet, sur ce marché où apparaissent en filigrane les problématiques liées à l’inclusion financière, les acteurs du marché se retrouvent contraints d’innover et d’étendre leurs services aux zones mal desservies, notamment les communautés rurales. Mais l’arrivée de nouvelles entités, tout en stimulant l’innovation technologique et la digitalisation des services, finit par affecter les coûts du transfert d’argent qui depuis plusieurs années sont en chute libre. MoneyGram, qui justifiait alors ses frais élevés par le besoin de rentabiliser ses coûts de structures physiques (imputables à l’installation de ses agences) et informatiques, ainsi que par l’effet de la fluctuation des taux de change sur sa marge, a dû suivre cette tendance de baisse des tarifs imposée par le marché. Pourtant, la structuration des coûts de cet acteur opérant essentiellement dans le transfert d’argent est bien différente de celles de ses concurrents directs, au premier rang desquels les opérateurs mobiles. En effet, ces derniers dont les coûts de déploiement du réseau et d’obtention des licences sont certes élevés, n’utilisent leurs activités financières que comme un complément de revenu et une façon d’optimiser l’exploitation d’un réseau déjà établi pour des communications téléphoniques, textuelles ou Internet. Ainsi, lorsqu’un opérateur crée un service d’argent mobile, il utilise l’USSD, un protocole assimilable à l’envoi d’un SMS (donc déjà existant) ou alors passe par une application mobile. De plus, le mobile money a créé un véritable écosystème financier dans lequel la monnaie électronique transite plus longtemps et n’est pas amenée à sortir systématiquement du réseau. De fait, là où MoneyGram est utilisé uniquement comme un service de transfert d’argent où à chaque envoi, le client retire la somme d’argent qui sort ainsi du réseau, le mobile money lui offre également la possibilité d’être utilisé comme un wallet pour des paiements marchands, des paiements de factures, ou encore les frais de scolarité.  


Preuve s’il en est que le secteur du transfert d’argent en Afrique est en plein boom, les opérateurs télécoms ne sont pas les seuls à faire de l’ombre à MoneyGram et à son éternel rival, Western Union. De nouvelles entités sont elles aussi apparues, pariant pour la grande majorité sur la digitalisation des services. Il s’agit notamment de WorldRemit, Skrill, RIA Financial, Paytoo, Dahabshiil, Zoona, Mama Money, Homesend ou encore Transfer-to.


Les banques de détail, dernières à se réveiller ne sont elles aussi plus en reste. Elles qui depuis longtemps ont noué des partenariats avec les acteurs traditionnels du transfert d’argent dont MoneyGram, en permettant aux clients de déposer directement les fonds envoyés sur le compte bancaire du destinataire, cherchent désormais à ne pas se faire distancer par les nouvelles fintechs venues disrupter le marché. Ainsi, Ecobank vient par exemple de sortir une nouvelle mouture de son application sur mobile, permettant entre autres d’effectuer facilement et simplement un transfert d’argent, depuis son téléphone vers des comptes bancaires de 33 pays d’Afrique. Entre la fin de l’année 2016 et le début de cette année 2017, la banque panafricaine a déjà introduit son service dans plusieurs pays, entre autres au Ghana, en Côte d’Ivoire, au Burkina Faso, au Bénin, Nigéria, au Rwanda ou encore au Kenya.

L’application Ecobank mobile, en cours de déploiement dans 33 pays africains permet notamment d’effectuer des transferts d’argent internationaux, facilement et rapidement.

Pour MoneyGram les avantages de cette acquisition par le géant chinois du paiement en ligne apparaissent donc au grand jour. Autrefois assise sur un business lucratif (qui l’est toujours largement), MoneyGram a vu fondre sur lui ses poursuivants, venus apporter de l’innovation, notamment digitale dans le transfert d’argent. Pourtant, l’américain fort de ses 350.000 partenaires et emplacements dans 200 pays du monde, a encore son mot à dire, si tant est qu’il soit capable de gérer le virage numérique qu’est en train de prendre le secteur. L’acquisition par le géant chinois du paiement en ligne devrait permettre à MoneyGram d’intégrer un écosystème des plus puissants qui se mettra en place, en alliant présence physique (qui est son fort) et présence en ligne (le fort de son nouvel acquéreur) pour répondre aux besoins des consommateurs. L’entreprise, dont le chiffre d’affaires dans le digital a augmenté de 12% au troisième trimestre 2016 (par rapport au T3 2015) pour s’élever désormais à 13% du total de ses revenus de transfert d’argent, s’est fixée comme objectif d’atteindre 15 à 20% de ses revenus à partir de son segment numérique d’ici la fin de l’année 2017.


Alibaba pourrait rapidement mettre le cap sur l’Afrique


À première vue, l’Afrique ne semble pas être en tête de liste des arguments qui ont poussés le chinois à racheter l’américain. Sauf que MoneyGram possède une forte présence sur le continent et que le concurrent direct d’Alibaba, Tencent, y a déjà stratégiquement avancé ses pions. En effet, depuis 2013, Tencent et son partenaire Naspers (la plus grande société de médias d’Afrique qui détient 34% du groupe chinois), ont formé une joint-venture et lancé WeChat Africa en Afrique du Sud. Le réseau social aux fonctionnalités éminemment plus avancées que ses équivalents occidentaux, détiendrait déjà 5 millions de clients dans le pays (contre 10 millions pour WhatsApp). En fin d’année 2015, WeChat Africa intégrait à son application, un portefeuille mobile WeChat Wallet, permettant aux utilisateurs de réaliser des transferts d’argent entre eux, mais également de pouvoir initier d’autres opérations telles que l’achat de crédit téléphonique, de recharges internet, d’articles en ligne, le règlement de factures ou encore des paiements par QR code auprès d’un réseau de 30.000 marchands à travers le pays.


WeChat Wallet permet aux populations sud-africaines d’effectuer une bonne panoplie d’opérations dont notamment le paiement marchand réalisé grâce au réseau SnapScan fort de ses 30.000 marchands.

Ce chemin qu’est en train d’emprunter Tencent pourrait donc être similaire à celui que suivra Alibaba sur le marché africain. En effet, avec le rachat de MoneyGram, la société possède désormais des avantages indéniables qui pourraient lui ouvrir des portes dans plusieurs pays d’Afrique. À l’instar de la Chine, l’Afrique est en effet l’autre territoire où le paiement mobile est ancré dans les habitudes des populations. Si jusqu’à présent, les opérateurs mobiles avaient profité de la nature ancienne des téléphones en circulation pour contrôler le transfert d’argent sur leurs canaux USSD propriétaires, l’arrivée des smartphones à bas coût est en train de modifier la donne. Désormais, les Africains acquièrent de plus en plus de smartphones et donnent ainsi l’opportunité à des acteurs tiers, tels que Alibaba, de venir bousculer le marché avec des applications mobiles. De par sa présence sur toute l’étendue du continent, MoneyGram pourrait donc être le point d’entrée d’Alibaba dans les différents pays africains. Son application de paiements digitaux Alipay, pourrait être un outil de plus pour effectuer des achats marchands ou des paiements de factures, tandis que le réseau MoneyGram servirait de point de cash-in ou de cash-out.


Le géant chinois du commerce électronique pourrait également lorgner sur ce segment en plein boom en Afrique, pour positionner sa solution de paiement et permettre aux détenteurs Africains de son portefeuille mobile, d’effectuer des paiements plus simplement sur les différentes plateformes de commerce en ligne qu’il détient, notamment Aliexpress (de plus en plus consulté sur le continent). Pour de nombreux pays encore très peu bancarisés, les dépôts de cash depuis un point MoneyGram permettraient alors de charger l’argent des utilisateurs sur leur wallet, qui pourrait alors être utilisé pour des achats en ligne. Cela résoudrait également les problématiques du paiement à la livraison, élément indispensable à la réussite du e-commerce en Afrique. En effet, sur le marché encore très jeune du commerce électronique africain, nombreux sont les acteurs qui se sont vus contraints d’intégrer des variables spécifiques au marché et aux populations, notamment le manque de confiance. Ainsi, l’asymétrie d’informations sur la qualité réelle des produits présentés ou sur la viabilité des marchands, notamment sur des marketplaces (comme l’est Aliexpress) a forcé les e-commerçants à autoriser le paiement à la livraison, qui est de loin le moyen le plus plébiscité par les populations locales lors d’achats en ligne. Sauf qu’avec l’insécurité grandissante, Il peut s’avérer dangereux pour les livreurs de se déplacer avec du cash sur eux. Alipay pourrait donc être la solution idéale pour de nombreuses personnes, qui pourraient effectuer leurs achats en ligne en toute quiétude et régler leur commande à la livraison, en scannant un QR code qui débiterait alors leur wallet Alipay de la somme due.


Les possibilités derrière ce rachat sont donc potentiellement nombreuses. Pourtant, il faudra encore passer l’étape de l’approbation par la commission sur les investissements étrangers aux États-Unis (CFIUS), avant d’espérer les voir arriver sur le marché. Cette commission examinera notamment l’opération, en vertu de l’Amendement Exon-Florio, une loi qui autorise à bloquer les acquisitions étrangères au motif d’une menace pour la sécurité nationale. Puisqu’il n’existe pas en l’état de définition juridique de ce terme, le CFIUS a la liberté d’avancer les arguments qui lui paraîtront pertinents pour s’opposer à cette acquisition. Par le passé, la Commission du renseignement du Congrès américain s’était ainsi opposée à l’accession au marché national de Huawei et ZTE, les deux géants chinois des télécoms. L’explication avancée avait été la non indépendance des deux groupes vis-à-vis de Pékin, et une suspicion selon laquelle ce rachat avait pour véritable finalité des opérations de cyber-espionnage. La prudence est donc de mise pour MoneyGram, d’autant que le Gouvernement chinois est là aussi représenté parmi les principaux actionnaires de Ant Financial, notamment au travers du fonds souverain chinois qui avait d’ailleurs participé en Avril 2016, à une levée de fonds records de la branche d’Alibaba dédiée aux services financiers, de 4,5 milliards de dollars (3,9 milliards d’euros).


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